20.5.13

parenthèse littéraire écossaise

"Il était tard et la chaleur était étouffante. Fin avait du mal à se concentrer, oppressé par l'obscurité de son bureau qui le maintenait enfoncé dans son siège, comme une immense paire de mains, noires et douces. Le rond de lumière que la lampe projetait sur son bureau l'attirait tel un papillon de nuit et lui brûlait les yeux."



Un vrai choc de lecture. L'avoir lu en Ecosse lui a donné une autre saveur et me l'a fait apprécier davantage encore. Et inversement,  ce livre m'a fait  voir ce pays avec un regard différent et a enrichi mon voyage. Cela dit, nul besoin d'être sur les terres écossaises pour savourer ce génial roman…

Fin Macleod, flic presque quarantenaire, est envoyé sur l'île de Lewis où a été commis un meurtre qui ressemble étrangement à celui sur lequel il enquête à Edimbourg. Fin affronte une dépression nerveuse : il vient de perdre son fils de 8 ans et se trouve en pleine crise conjugale. Il débarque sur son île natale, celle qu'il a quittée brutalement à 18 ans, sans y avoir jamais remis les pieds. Il retrouve ses copains d'enfance et Marsaili, la fille qu'il a aimée et qui a épousé Artair le meilleur ami de Fin. La vie sur Lewis ne semble pas avoir bougé depuis des siècles. Il se perpétue là-bas, chaque été depuis des temps ancestraux, une périlleuse expédition jusqu'à l'îlot rocheux d'An Sgeir, afin de chasser les Fous de Bassan, superbes oiseaux qui trouvent refuge sur ce rocher inhospitalier. Fin a participé autrefois à cette chasse, véritable voyage initiatique pour les hommes de Lewis… Fin se retrouve face à son passé, un passé qu'il a nié, gommé, refoulé des années durant et qu'il va devoir affronter. Le roman est construit sur l'alternance : longs retours en arrière qui reviennent sur l'enfance du héros et remontent jusqu'à son départ de l'île, et retours au présent. Les deux étant inextricablement liés. L'enquête policière semble d'ailleurs n'être qu'un prétexte puisque des pages se succèdent sans qu'il n'en soit plus question. Mais grâce à une géniale idée de l'auteur, le meurtre revient sur le devant de la scène et s'il est un prétexte il ne l'est en tout cas pour l'auteur… Cette Île des chasseurs d'oiseaux est un vrai bon polar, mais aussi et surtout un roman d'ambiance qui nous plonge dans une écosse sombre, sauvage, mystérieuse. C'est également un roman d'apprentissage et un roman d'amour. Et un grand roman remarquablement écrit.

Une lecture qui m'a envoûtée et passionnée. Je me réjouis d'avance de mes retrouvailles avec l'écriture et l'univers de Peter May puisque ce livre est le premier tome d'une trilogie. Yann a autant aimé ce livre que moi et nous nous sommes promis que la prochaine fois que nous irons en Ecosse, ce sera pour séjourner sur la sauvage île de Lewis. Rêvons un peu à un séjour au Broad Bay House

L'île des chasseurs d'oiseaux, de Peter May, nov. 2011, (Babel Noir), 9,70 €








parenthèse culinaire écossaise

le petit-déjeuner écossais :
tous les hôtels et B&B offrent un petit-déjeuner traditionnel. Une assiette composée de bacon, oeuf, boudin ("black pudding"), saucisse, champignons…. On peut parfois opter pour une assiette à base de poisson (haddock ou saumon le plus souvent). Le porridge est proposé systématiquement et c'est un délice. Enfin, il y a toujours sur la table des tartines, confitures, du thé ou café, jus de fruit, des céréales et parfois des gâteaux fait maison et du fromage écossais. Le petit-déjeuner est toujours compris dans le prix des chambres.

Les spécialités salées :
*Le haggis : panse de brebis garnie de ses abats (poumons,…) cuisinés avec de l'oignon. Nous avosn testé sa version végétarienne.
*Le fish & chips : sur la carte de tous les établissements, du pub au resto plus haut de gamme.
*L'assiette de fromages écossais est très souvent proposée. Le fromage est servi avec des crackers, du chutney et parfois du raisin.




Au dessert : le dessert le plus répandu est le sticky toffee pudding. Un gâteau moelleux aux dattes, servi chaud, avec sa boule de glace à la vanille et sa crème au caramel au beurre salé. Nous avons testé celui de (presque) tous les restaurants où nous avons diné. Le carrot cake est également un classique.

Dans les verres : de la bière bien sûr. Chaque pub propose ses bières locales. Et du whisky aussi inévitablement. Les cartes sont généralement très détaillés et permettent au novice de se faire une petite éducation en quelques jours.

Les restaurants : très souvent les établissements proposent deux salles : une salle de bar qui offre une cuisine du midi (soupes, fish & chips…) et un restaurant ouvert uniquement le soir. On peut également rejoindre le  bar, le soir, avant de dîner pour une bière, ou après dîner pour un whisky.

19.5.13

écosse- jour 7 (dernier regard sur Ulapool)























écosse, jours 5 & 6

Mercredi 1er mai- Suivons la route du loch Assynt… roulons sur de petites routes entourées d'arbres qui ont un petit air de Corse. Halte à la pointe Riff, joli hameau où les moutons sont plus nombreux que les humains. Jolies maisons à louer pour les vacances. Nous déjeunons à Achiltibuie (hum, un régal, voir plus bas). Reprenons la route vers Ulapool. Impression cette fois de rouler dans l'Ouest américain. Nous arrivons à Ulapool sous un soleil éclatant. Ce village est incroyable. De jolies maisons blanches traditionnelles sont alignées face à la mer. Quelques boutiques aux devantures discrètes se fondent dans le paysage : on y trouve des plaids écossais, des pulls en laine, des vestes en tweed de l'île d'Harris. On ne se lasse pas du panorama : la mer, et derrière, des montagnes aux sommets enneigés. Nous prenons un café en terrasse, regardons les bateaux s'éloigner (en rêvant d'embarquer un jour dans celui qui se dirige vers l'île de Lewis, en face…). Posons nos bagages au charmant West House.
Jeudi 2 mai : partons pour une courte randonnée depuis Ulapool. Sous la pluie. Journée pluvieuse et tranquille à Ulapool. Nous nous installons au Waterside House pour la deuxième nuit.
















Ulapool 












Où déjeuner ? : (le 1er mai) à Achiltibuie, dans la partie bar du Summer Isle (la partie restaurant est ouverte le soir), spécialisé dans les fruits de mer. Leurs produits sont frais et délicieux. Nous avons partagé la grande assiette de saumon (saumon frais & saumon fumé) et le pudding avec sa boule de glace à la vanille et sa sauce à la pomme.

(le 2 mai), à l'étage de l'Art Galery. Succulente soupe du jour à 3 £ et carrot cake.

Où dîner ?: les deux soirs au même endroit tellement c'était bon! Notre voisin de table voulait aller féliciter le chef en cuisine tellement il s'était régalé! Nous conseillons très vivement le restaurant de l'Argyll. La salle de restaurant est récente et sans charme du tout, mais il est possible, apparemment, de dîner au bar, ce qui est nettement plus sympa. Le haddock frais fumé au parmesan m'a bluffée. Au point de prendre le même plat les deux soirs! Et bonne carte de vin. Après le dîner, il est bien agréable d'aller prendre un café (pour moi) ou un whisky (pour yann) dans la salle du bar. Super ambiance avec thématique différente chaque soir. Le premier soir c'était soirée poker, le deuxième soirée quiz. Le restaurant organise aussi régulièrement des concerts de musique traditionnelle.

Où dormir ? A Ulapool, les adresses de charme sont nombreuses. Je n'étais pas parvenue à choisir entre le West house et la Waterside house en effectuant mes réservations de Paris, si bien que j'avais réservé une nuit dans chacun de ces B&B. Difficile de dire quelle adresse est la plus séduisante. Elles sont toutes les deux remarquables : déco raffinée et élégante, excellents petits-déjeuners, hôtes adorables. Les deux plus jolies adresses du séjour!

La particularité du West House est de proposer le petit-déjeuner dans la chambre : muffins maison, pain maison, yaourts, porridge, céréales, fruits, œufs, thé, café, jus de fruits…Un régal.
West House : 60£ la double avec petit-déjeuner (salle de bain privée, mais à l'extérieur de la chambre) ou 70£ avec la salle de bain dans la chambre.

A la Waterside House, notre chambre était au dernier étage avec une vue sur la mer. Le petit-déjeuner, servi dans le beau salon au rez-de-chaussée est sans doute le meilleur que nos ayons dégusté. Une partie est proposée en buffet : céréales, plateau de fromages écossais, incroyable salade de fruits frais, salade de pamplemousse, yaourts, jus de fruit… et une partie servie à table (nous avions opté pour le saumon fumé sur pain maison).
Waterside House, 70£ la chambre double, petit-déjeuner compris.

18.5.13

écosse- jour 4


Mardi 30 avril












Où déjeuner ? : au Kilesku Hotel, sans hésiter. Pour la vue sur la mer, pour la gentillesse de la serveuse, pour la formule déjeuner de tapas à base de produits de la mer (3 tapas, 11,95£, 5 tapas 19,75£, 7 tapas 19,95£).

{formule de 3 tapas au Kilesku Hotel}

déjeuner au Kilesku Hotel
Où dîner ? : pas au bar du Scourie Hotel. Le restaurant du Scourie Hotel était complet, nous n'avions pas réservé de dîner dans notre B&B (réservations avant 17h). Il ne restait qu'une option : le bar du Scourie Hotel. Les bars écossais sont toujours chaleureux, celui-ci était froid et glauque. Et le contenu de l'assiette vraiment pas terrible.
Où dormir ? : à la Scourie Guest House- Bof-bof. Le monsieurs est charmant, le petit déjeuner pas mal du tout avec son jus de d'oranges pressées. Mais très cher, trop cher, pour cette adresse certes chaleureuse, mais sans charme et un peu étriquée. Pour une quinzaine de livres de plus, le Scourie Hotel, juste à côté, offre une catégorie vraiment supérieure.
Scourie Guest House, 70£ la chambre double, petite-déjeuner compris.

17.5.13

écosse-jour 3

10h14







12h54

12h55

12h56

13h






15h29

15h59

16h01

16h25

17h52
Aucune autre journée illustre mieux que celle-ci l'incroyable variété des paysages, des couleurs, de la végétation, de la couleur du ciel, de la lumière… En une journée, l'écosse offre plusieurs voyages. Ce mercredi 29 avril, nous sommes avons eu l'impression d'être transportés de l'Afrique noire, au Chili…
Les photos de la mer ont été prises à Dornoch, une petite bourgade à l'ambiance médiévale. Celles aux alentours de 16h à Forsinard, un hameau qui a encore sa petite gare (transformée en centre d'exposition sur la nature). Un lieu magique et inattendu.

Où déjeuner ?: La soupe du Dornoch Castle Hotel n'était pas terrible. Mais nous l'avons dégustée dans la salle du bar, très agréable, sur des canapés de cuir face à un feu de cheminée. Et le carrot cake n'était pas mal du tout.

Où diner : au Craggan Hotel, à Melness, à cinq minutes en voiture du Cloisters. Une maison sans charme de l'extérieur, mais un accueil très sympa et une cuisine qui nous a agréablement surpris. Après un succulent plat de poisson, nous nous sommes laissés tentés par une assiette de fromage écossais qui était excellente. Fromages servis avec un chutney, du raisin glacé et des crackers (en écosse, pas de pain avec le fromage, mais plusieurs variétés de crackers!). Un excellent repas.

Où dormir ? : au Cloisters (village de Talmine), sans doute l'adresse la plus marquante de notre voyage. Ce B&B est tenu par un couple très âgé. Il était architecte, elle était prof de ballet à l'Academy de Londres. Ils ont vécu en Australie. Et ont acheté un ancien cloître pour leur retraite. Bob et sa femme vivent donc dans une église du 19e siècle et ont aménagé trois chambres d'hôte dans une petite maison en pierre derrière. Ils sont installés sur une falaise, face à la mer, et la vue est à couper le souffle. Nous étions les seuls client, et nous avons petit-déjeuné dans l'entrée de l'église, devant une large fenêtre donnant sur la mer… Sur une nappe blanche, le petit déjeuner est servi dans un service en argent très délicat. On a le sentiment d'être plongé dans un autre temps. Et le porridge, selon Bob, se déguste salé avec du lait, et en aucun cas avec "du sucre, de la confiture ou autre abomination"! Tous les produits viennent des produits des fermes alentours.
Cloisters, 65£ la chambre double, petit-déjeuner compris.

petit-déjeuner du Cloisters
la vue (en prenant le petite-déjeuner)

13.5.13

écosse- jour 2












dimanche 28 avril. Nous partons explorer le glen de Glencoe. Il se met à pleuvoir des cordes au moment où nous allions entreprendre une belle randonnée. Nous poursuivons donc notre découverte de la région, à l'abri, dans la voiture. Qui tombe en panne en fin de matinée, au bout d'une étroite et longue route qui mène à une rivière réputée pour la kaiak. Un couple d'Écossais de retour d'une tentative avortée (trop de vent) de sport nautique s'arrête pour nous aider. Ils appellent l'agence de location et leur expliquent où nous sommes. Ils nous déposent ensuite dans l'hôtel le plus proche où le dépanneur doit nous rejoindre. Un hôtel superbe d'ailleurs, le Kingshouse hôtel, posé en pleine nature, avec un salon entouré de vitres et un beau feu de cheminée. Des daims se promènent autour. La soupe servie au bar est délicieuse. Jolie halte malgré les circonstances. Le reste de la journée ne présente guère d'intérêt avec un rapatriement à Glasgow, un changement de voiture, un retour à Glencoe. Nous dînons à l'extérieur et rentrons à l'Inn At Argour.

Où dîner ?- Nous avons dîné au bar/restaurant du Clachaig Inn. Un lieu chaleureux et accueillant, tout en bois, lumière tamisée. Et une cuisine goûteuse et roborative. L'occasion de gouter le haggis, la spécialité du pays, proposée ici dans sa version végétarienne. Pour les plus téméraires, la version "originale" consiste une panse de brebis farcie aux abats de mouton (poumons, foie, cœur), oignons, avoine. La version végétarienne semble un bon compromis. Nous goûtons à notre premier, et non dernier, truffle pudding. La spécialité, proposée dans tous les restaurants. Un excellent dessert, servi chaud, avec boule de glace à la vanille et crème au caramel…Je vais d'ailleurs me mettre en quête d'une recette pour en faire à la maison.